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« J’ai l’honneur d’un Complément d’enquête »

Une guerre de communication a lieu entre un animateur de télévision et une équipe de journalistes. L’un utilisant son émission et ses réseaux pour mettre la pression, les autres cherchant des subterfuges pour avancer dans leur enquête.

 

Hier soir, sur France 2 dans Complément d’enquête, Cyril Hanouna était passé au tamis.

 

Remontons dans le temps. Depuis onze mois, Cyril Hanouna secoue tout ce qu’il peut agiter contre les équipes de Tristan Waleckx après avoir appris qu’un Complément d’enquête allait lui être consacré. À son habitude, il se sert de son émission TPMP comme d’une tribune sur ce qui lui plaît ou ce qu’il déteste. En début d’année, il était heureux de ce qui lui arrivait et puis, progressivement, moins. D’une bravade (servant de titre à cet édito) aux menaces (selon Télérama), l’animateur producteur a entretenu tout au long de 2023, comme une série à rebondissements, l’attention de ses « fanzouzes ».

 

De leur côté, les journalistes en charge de l’enquête ont déchanté au fur et à mesure qu’ils cherchaient des témoins. Avec le bruit constant de l’animateur sur ce qui lui arrivait, l’enquête discrète ne pouvait plus avoir lieu. Ils devaient lutter contre tous les pièges tendus comme lorsque l’animateur envoyait des salariés de sa société témoigner avec des éléments de langage pour faire perdre du temps aux équipes de l’émission.

 

Cette guerre d’influence ne montre-t-elle pas des similitudes ?

 

La première similitude est l’enquête : savoir ce que l’autre pense, sait, cache. La deuxième est le besoin de démonter les faux-semblants et les doubles jeux de part et d’autre. Et, dernier rapprochement, les deux se sont plaints des méthodes de l’autre qui se ressemblent sur le fond. Mentir, jouer avec des sentiments ou des approximations, utiliser des feux et contre-feux pour arriver à ses fins semblent l’apanage voire l’obligation de ce genre d’enquête. L’un le fait avec une visibilité forte, l’autre dans le silence des conversations.

 

Comme pour appuyer leur propos et générer de l’impact sur X (ex-Twitter), les journalistes ont choisi de conclure leur émission en asseyant dans les fauteuils rouges Booba et ses 6,3 millions de fans, le rappeur étant bien connu pour ses sorties contre l’animateur…

 

Résultats ? Sur les réseaux sociaux cela a été un raz-de-marée plutôt contre Hanouna. Le live tweet, avant et pendant l’émission, a comptabilisé près de 500 000 tweets pour une émission diffusée à 23 h… Coté audience, ce Complément d’enquête a été historique avec plus de 3 millions de téléspectateurs et presque 33 % de part de marché. Le dernier record datait de mars 2013 avec 2,4 millions de téléspectateurs regardant le reportage sur Lance Armstrong.

 

Maintenant, la question est de savoir quel va être l’impact d’une telle émission. Les premiers indices seront dans la réponse que l’animateur va faire dans TPMP, ce soir. S’il est atteint, il va partir en guerre, sinon, il devrait passer à autre chose et ne plus y revenir. Dans tous les cas, cela fera du contenu pour remplir une émission et engranger d’autres excellentes recettes publicitaires.